ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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Veronique-Barcelo.png Véronique Barcelo, Directrice de la Culture et du Patrimoine.

Dispositifs d'aide au monde de la culture

  • Versement de toutes les subventions annoncées pour les évènements prévus (à concurrence des dépenses engagées).
  • Confirmation de l’engagement régional pour tous les évènements reportés.
  • Versement rapide du solde des financements 2019 pour les projets et actions réalisées.
  • Création du « Contrat d’Apport Associatif Rebond » (CARe Centre-Val de Loire), doté de 1 M€ par la Région pour consolider la trésorerie des acteurs culturels pendant la période de crise.
  • Solidarité avec les intermittents avec allongement de la période pour leurs cachets.
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Véronique Barcelo

Directrice de la Culture et du Patrimoine, 40 agents

D'où travaillez-vous actuellement ?

De chez moi comme toute l'équipe.

Comment la culture a-t-elle été impactée par la crise ?

Avec l'interdiction progressive des rassemblements, le monde du spectacle vivant a été touché avant l'obligation de confinement. Avec beaucoup d'emplois en jeu : salariés de la culture mais aussi artistes, techniciens intermittents, auteurs, etc. Sans oublier les compagnies indépendantes, les petites associations rurales ou les plasticiens très fragilisés par la crise. En résumé, tous ceux, très nombreux, qui participent de la vie du territoire au quotidien; et qui avaient programmé des petits festivals ou des actions plus massives au printemps et à l'été 2020.

Comment votre Direction a-t-elle réagi ?

Le Président s'est très vite engagé auprès des acteurs de la culture : il nous a consulté très tôt et nous avons élaboré et mis en place une série de mesures visant à rassurer et soutenir les différents acteurs.

Découvrez le dispositif d'aide au monde de la culture

Cette réactivité a été appréciée car c'est toute une économie qui se trouve fragilisée. Le tout dans une concertation permanente. Le 26 mars par exemple, nous avons organisé une première réunion avec les acteurs des spectacles vivants et de la musique. Objectif : les entendre afin d'évaluer les réponses les plus pertinentes. Deux autres réunions sont par ailleurs programmées en avril, avec les industries culturelles, le secteur du cinéma et des livres ; puis avec les acteurs des arts visuels et des arts plastiques.

Il faut insister sur le fait que cette crise tombée en pleine saison haute a des impacts en termes de fréquentation de public bien sûr, mais aussi en termes d'emplois et d'économie.

Dans quelle mesure culture et économie sont-elles liées ?

Derrière les événements culturels ou les visites de sites patrimoniaux, il y a une véritable économie de la culture : les hôtels, les restaurants, les boutiques, les traiteurs et toutes les activités connexes qui génèrent beaucoup d'emplois et drainent des impôts. Sans oublier les entreprises lancées dans des chantiers de rénovation de patrimoine suspendus.

Par exemple ?

Le Domaine de Chaumont devait accueillir entre mars et avril des équipes de 150 jardiniers et artistes pour une inauguration initialement prévue en mai et bien sûr annulée. Actuellement, seule une dizaine de jardiniers sont sur le site. Même si nous parvenons à inaugurer en juin, ce qui à ce jour est loin d'être certain, c'est près d'1,6 M€ de recettes qui auront été perdues sur les 3 mois de mars/avril/mai : billetterie, restauration, vente en boutique, location d'espaces, etc.

Dans l'hypothèse où le château fasse une bonne saison, ce manque à gagner ne sera jamais récupéré et le chômage partiel ne compensera pas tout ce que les salariés ou intermittents auront perdu.

De plus, les travaux qui devaient avoir lieu en mars - l'aile Est du château, la galerie numérique avec l’installation d'une oeuvre d'artiste, le chantier de l'hôtel…- ne pourront re démarrer avant la fin de l'automne pour ne pas perturber le public quand il pourra revenir. Cela affecte les entreprises de rénovation et peut aussi impacter l'image du site. On peut aussi citer le cas du Printemps de Bourges qui fait partie des manifestations lourdement impactées.

Comment s'organisent vos nouvelles façons de travailler ?

Tous les matins, avec les chefs de service, nous faisons le tour des sujets en cours sur 30 à 45 minutes selon les besoin. Le lundi matin, nous menons une réunion plus large. On essaie d'y mettre de la bonne humeur, de parler du week-end, mais je vois bien qu'en début de semaine, il est plus difficile qu'en présentiel de remettre la machine en marche.

Nous avons organisé également deux temps d’échange sorte de café skype ouvert à toute la direction pour parler des ressentis, échanger des nouvelles, des idées…une façon de « sentir le pouls » de l’équipe. Il y a beaucoup de sollicitations, mails, visioconférences, ce qui n'est pas toujours aisé à cause de problèmes ponctuels de bandes passantes. Sans compter une certaine distorsion du temps et de l'espace : pour certains collègues, cette période est vraiment très compliquée.

Mais nous travaillons en chaine ; nous nous serons les coudes. Nous sommes plus que jamais dans une logique de service public et nous voyons bien que tous font au maximum selon les urgences qui ne manquent pas. Forcément c'est difficile, lourd et fatiguant et j'incite les équipes à prendre au moins une demi-journée dans la semaine pour se ressourcer. Devant la difficulté de certaines situations individuelles, j'essaie de préserver l'humain le plus que je peux.

Que retirez-vous comme enseignement de cette crise inédite ?

Un esprit d'équipe magnifique, une vraie loyauté vis a vis du service public. J'ai une équipe géniale : chacun à sa façon, ils sont vraiment là !

Pour autant, il est vital que la pression sous laquelle nous travaillons parfois ne devienne pas la norme. Du coup, je suis parfois obligée d'adopter une posture un peu « institutrice », ce que je n’aime pas du tout, pour donner des méthodes afin que chacun se préserve. D'autant que les interférences entre le personnel et le professionnel sont nombreuses et modifient les comportements.

Comment supportez-vous le stress lié à cette période ?

J'ai la chance d'avoir un bout de jardin et un chat à qui je parle, même s'il me répond peu. Je fais des Skype avec amis et enfants mais c'est difficile d'être séparés, certains jours d'anniversaire notamment. Le week-end j’ai plus de disponibilité pour lire, écouter de la musique, dessiner… Et j'ai une application de méditation bien utile.

Propos recueillis le : 7 avril 2020

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