ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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Laurent-Gougis-1.png Laurent Gougis, Directeur de l'Education et de la Jeunesse.
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Chiffres clés

100 lycées fermés depuis le 16 mars.

Pour faire face à des usages multipliés par 20 de l’environnement numérique de travail financé et mis en œuvre par la Région via le GIP Recia, la connexion internet à cet ENT a été multipliée par 10 (de 100 Mega à 1Giga) et 8 serveurs ont été ajoutés à l’infrastructure technique.

1700 bénéficiaires du dispositif d'aide à l'équipement des ordinateurs pour les lycéens dont 65% de boursiers (935 élèves) Près de 400 ordinateurs prêtés depuis le début de la crise

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Laurent Gougis

Directeur de l'Education et de la Jeunesse
70 agents, dont 30 techniciens informatiques

Où travaillez-vous actuellement ?

A domicile comme toute l'équipe. Seuls les techniciens qui prêtent des ordinateurs aux familles qui en manquaient continuent de se déplacer pour les équiper.

Quelles mesures d'urgence avez-vous prises dans la crise ?

Il a d'abord fallu assurer la continuité pédagogique des lycées grâce aux outils numériques. Les deux premiers jours ont enregistré quelques dysfonctionnements à cause de la multiplication des usagers et des usages (avec des pics même le week-end) mais le mardi 17 mars à 16h tout était opérationnel.

La Région avait heureusement pris de l'avance en lançant à la rentrée 2019 une aide à l'équipement d'ordinateurs portables pour les lycéens. Depuis septembre, grâce à nos achats groupés et négociés, nous proposons des ordinateurs 30 à 50% moins chers que dans le commerce. En y ajoutant une participation de 30 € (pour les non boursiers) à 350 €.

Découvrez les chiffres clés

Pour ceux qui n'étaient pas encore équipés au moment du confinement, et dans la mesure où nous en sommes les principaux financeurs, nous avons encouragé les établissements à prêter les ordinateurs portables, tablettes ou pc fixes qu'ils avaient en leur possession et qui n'étaient plus utilisés.

Comme notre système de maintenance informatique est performant, 80% des interventions à distance se sont avérées fructueuses pour ajuster tous les systèmes.

Est-il toujours question d'utiliser certains établissements vides ?

Je suis en contact avec le Directeur de cabinet du Rectorat pour relayer auprès des directeur.rice.s d’ERCVL toute demande d’utilisation des internats. Ce sont eux qui organisent l’ouverture en lien fort avec la DGARH et les lycées.

Depuis le 2 avril, le lycée Alain Fournier de Bourges héberge du personnel des services soignants, ambulanciers et SAMU. Par ailleurs, depuis le 6 avril, des personnes très fragilisées en situation d'exclusion sont accueillies à l'internat du lycée agricole de Châteauroux.

Comment s'organise votre service pour travailler à distance ?

Nous avions la chance d'être dans une expérimentation numérique de l'outil teams et son appropriation au moment où la crise est survenue.

Quand j'ai compris que nous serions prochainement confinés, j'ai proposé des ateliers pour transmettre rapidement les informations et premiers gestes à mes collègues.

Depuis que nous travaillons à distance, le premier réflexe du matin quand nous nous connectons est de se dire bonjour via teams avec une image joyeuse, une chanson ou autre.

Chaque jour, des temps courts en visio, alliant convivialité et utilité, sont organisés. Ces temps initialement appelés « café déjà » organisés chaque jour de 13h45 à 14h45, ont été l’occasion pour les chef.fe.s de service et moi de partager de l’information, d’entendre et répondre aux éventuelles questions. Ils sont devenus de véritables temps « pause café » comme cela se fait entre collègues « physiquement ».

Ces espaces nommés « Nos p’tits moments » permettent de conserver le lien. Depuis le 6 avril, Ils ont évolué en rdv quotidien de 15 à 30’ pour échanger sur nos nouvelles pratiques numériques (« la débrouille numérique »), les trucs et astuces pour travailler confinés mais sereins, présenter son métier au collègue (« à propos de mon job ») ou le moment respiration (« pause café »). Des collègues organisent également des concours comme celui du plus beau gâteau fait maison.

La vidéo permet de répondre à notre besoin de contacts visuels. C'est d'autant plus important que certains collègues sont un peu isolés et que chacun.e vit plus ou moins bien ce confinement obligé.

Le travail c'est aussi du lien social et le confinement rend la frontière entre vie personnelle et professionnelle plus poreuse ; il est d’autant plus difficile de laisser à la porte du travail ses préoccupations personnelles du quotidien.

Est-ce difficile ?

Tout cela prend du temps et je sens que tout le monde est fatigué. La distance et les circonstances font que l'anxiété du moment est vécue différemment selon le contexte et les différentes personnalités.

Les échanges virtuels requièrent pas mal d'énergie et il faut y mettre beaucoup de soi. Ce n'est pas facile à gérer pour certains dont le contexte professionnel est habituellement stable et qui se trouvent confrontés très vite à un changement fort de leur environnement de travail.

Mais globalement tout marche plutôt bien. On peut le mettre au crédit de la solidarité, de l’implication et des valeurs du collectif des personnels de la Direction.

Comment voyez-vous la suite ?

Il faut rester comme aujourd'hui : vigilants les uns par rapport aux autres. Je vois combien les collègues prennent soin les uns les autres avec bienveillance et empathie.

La DGS par ses messages hebdomadaires donne le ton et les collègues apprécient ses mots choisis avec justesse. Chacun.e prend conscience qu’il fait partie d’un collectif mobilisé pour le service public de l’éducation, pour la jeunesse, cherchant à contenir tant bien que mal les inégalités exacerbées durant cette crise majeure.

Comment surmontez-vous le stress de cette période ?

Grâce à ma cellule familiale. Même les enfants adaptent des postures de bienveillance. Du coup c'est certes fatiguant mais il y a moins d'anxiété et je suis plus serein. Quant aux informations, je les suis avec recul. Quand je vois ce que vit le personnel soignant, je relativise. Dans mon entourage, certains ne savent pas si l'entreprise qui les emploie existera demain. C'est une chance et une fierté renouvelée de travailler pour le service public. Nous apportons notre pierre et cela apporte du sens au quotidien.

Propos recueillis le : 2 avril 2020

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