ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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Guillaume-Crepin1.jpg Guillaume Crépin Directeur de l'ERC de l'Indre.

Un grand coup de chapeau aux équipes qui ont réussi en un temps record à maintenir le service public avec agilité et réactivité !

Chiffres clés

Le Région abonde de 10 M€ au fonds de solidarité qui prévoit une aide de 1500 € pour ceux qui ont vu leur chiffre d'affaires baisser de 50% entre mars 2019 et mars 2020.

Selon les 500 questionnaires retournés entre le 20 et le 26 mars :

- 80% des entreprises pensent aborder cette crise avec difficultés mais sans trop de dommages.

- 20% identifient des risques critiques (marchés, trésorerie, dette…).

Retour En avant

Guillaume Crépin

Directeur de l'ERC de l'Indre (36)
15 agents + 2 Dev up, tous en télétravail sauf permanences au siège.

D'où travaillez-vous ?

Depuis chez moi comme 90% de l'équipe. Un agent continue de passer chaque matinée au bureau pour notamment relever le courrier et s'assurer que tout va bien dans les locaux. Deux agents se rendent aussi régulièrement à l'ERC pour contrôler et payer les factures.

Quelles furent vos premières décisions prises face à la crise ?

D'abord mettre en sécurité les agents et s'assurer de la continuité de nos missions : sur les 11 lycées du département avec qui nous travaillons de concert (proviseurs et Education nationale), il s'agissait de fermer les bâtiments dans de bonnes conditions ; suspendre les travaux d'entretiens courants (peintures des salles de cours, sols des CDI, etc.) mais poursuivre la maintenance d'urgence (conduite d'eau, chaudière défectueuse, etc.). Il fallait aussi maintenir le contact avec tout le personnel (entretien, accueil et restauration) ; leur permettre d'exercer leurs missions à distance ou de les mettre en réserve.

Pour ce qui relève de l'aménagement du territoire, nous avons fait le point sur les chantiers bouleversés par le report des élections municipales, en lien avec les collectivités locales : Mairies, Communautés de communes, etc. Sur le volet économique , un gros travail a été fait en lien avec Dev'up pour s'assurer que les projets soutenus étaient toujours en cours et que les aides arrivent bien. En fait, pour ne pas leurs ajouter de difficultés supplémentaires. Nous leur avons aussi envoyé un questionnaire pour évaluer leur difficultés de terrain. Les 500 retours nous ont permis de remonter notamment à la cellule de crise économique de la Préfecture, les chambres consulaires et autres services de l'Etat la situation concrètes de nos entreprises.

L'idée est de partager le décalage entre la volonté politique des dispositifs en place et la réalité de terrain. A ce propos, on constate jusqu'ici que les banques jouent le jeu. Côté formation professionnelle, nous avons fait le point sur les annulations de formations qualifiantes que les demandeurs d'emploi attendaient, souvent impatiemment, pour compléter leur formation ou réorienter leur carrière. Puis identifié chaque situation individuelle et mise en oeuvre de formations à distance quand c'était possible pour assurer une continuité pédagogique. Bref, un travail de dentelle !

Quelles leçons tirez-vous de cette crise ?

Un grand coup de chapeau aux équipes qui ont réussi en un temps record à maintenir le service public avec agilité et réactivité !

Tout le monde s'est adapté même si on sent bien que ce n'est pas viable ni gérable sur du long terme. Autant le télétravail choisi est souvent bien organisé, avec les frontières entre professionnel et personnel par exemple. Autant la façon dont le travail à distance en confinement a été imposé, parfois avec une famille à proximité, des devoirs scolaires à assurer et des conjoints qui télétravaillent, est une autre réalité.

Cela dit, nous avons trouvé des modalités pour assurer le travail de chacun, mettre à disposition du matériel informatique permettant des réunions par téléphone ou en visio. Nous avons même établi tous les 15 jours des apéros d'équipe à distance pour créer de la convivialité tous ensemble. Et régulièrement nous échangeons une petite blague sur le mode de l'humour. Cette convivialité est essentielle pour certains agents isolés et plus généralement ceux qui tissent du lien social au travail. Quand ça disparait cela peut être perturbant.

Comment résistez-vous au stress ?

J'ai la chance d'avoir une équipe très mobilisée avec des liens de confiance. Clairement cet engagement collectif est important pour porter tout ce travail à distance.

Je m'appuie aussi sur ma cellule familiale, mon épouse qui télé travaille, mes enfants avec qui se créent de nouveaux liens. Et nous avons la chance d'avoir un jardin, un environnement sympathique. Président de mon association de quartier, nous avons noué des contacts de solidarité. J'espère que nous sortirons de cette crise avec des valeurs réaffirmées. Parmi elles la relocalisation de la production, de la consommation et des relations humaines de qualité. Trouver un sens à tout cela aide à relativiser.

Propos recueillis le : 2 avril 2020

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