ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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Etienne-BRUN.jpg Etienne Brun, Chef du service exploitation, en charge de la gestion de la circulation du transport routier.

Cette situation est inédite. La réactivité des agents prouve que nous sommes une organisation agile.

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Etienne Brun

Chef du service exploitation, en charge de la gestion de la circulation du transport routier,
35 agents dont 25 en ERC.

D'où travaillez-vous actuellement ?

De chez moi sauf ce matin où je suis retourné pour la première fois au bureau pour récupérer des fonds de dossier.

Comment votre service a-t-il dû s'adapter à la crise ?

Après l'annonce du jeudi 12 mars de fermer tous les établissements scolaires, ce fut un peu l’affolement : il a fallu prévoir un arrêté de suspension des 1800 circuits scolaires tout en contactant l’ensemble des transporteurs pour s’assurer qu'ils étaient en mesure de maintenir les 150 lignes commerciales du réseau interurbains, dans la mesure où certains de leurs chauffeurs étaient probablement concernés par la garde d'enfants.

Avez-vous l'habitude des situations de crise ?

Oui nous y sommes préparés, notamment en cas d'intempéries pour lesquelles des process existent déjà. A ce titre par exemple, des astreintes d’exploitation par ERC sont mises en œuvre chaque année, du 15 novembre au 15 mars. L'idée est d'être réactif et de suspendre le cas échéant d'éventuelles lignes devenues localement impraticables, notamment scolaires. Du coup, le 13 mars, nous avons prolongé ce système d'astreinte pour pouvoir s’adapter au mieux à la situation.

La question s'est cependant posée s'il ne fallait pas maintenir quand même tout ou partie des transports scolaires pour les enfants des soignants. Mais nous avons expliqué, en réunion de crise le samedi 14 à la Préfecture, en quoi ce serait compliqué et inefficace. En lien avec le Rectorat, le Préfet a donc convenu du bien fondé de l'arrêté de suspension des transports scolaires que s’apprêtait à prendre la Région.

En ensuite ?

Nous l'avons envoyé à tous les transporteurs et partenaires. Ils s'en doutaient mais attendaient l'officialisation. Nous avons également envoyé des sms aux 110.000 élèves pour leur confirmer cette suspension à compter du 16 mars jusque nouvel ordre.

A ce moment, il était convenu de maintenir le transport régulier intégralement car le confinement n'était pas annoncé. Sauf qu'avec cette annonce du 16 au soir, les données ont changé. Nous avons d'abord maintenu l'offre habituelle mais très vite face à la baisse drastique de la fréquentation, nous avons diminué l’offre de transport de près de 90%.

Il a aussi fallu travailler au plus près avec les transporteurs pour définir les horaires maintenus, les communiquer sur le site Remi et définir de concert les nouvelles règles : plus de vente à bord, isolement du conducteur, etc.

Au regard de la fréquentation quasi nulle d’une trentaine de lignes, il a été décidé de ne les assurer que sur demande. Pour cela il a fallu s'assurer que chaque centrale de réservation soit en capacité de recevoir les appels et que les clients potentiels soient bien informés. Ce service souple a été lancé le mardi 31 mars avec réservation possible sur une trentaine de lignes sur les 150 qui sillonnent le territoire. Même s'il est peu sollicité, c'est essentiel pour assurer la continuité et ne pas isoler les personnes et les territoires.

Parallèlement, mes collègues en charge des aspects contractuels ont eu pas mal de discussions avec les entreprises sur les aspects financiers et contractuels et leur ont apporté des réponses rassurantes quant à la solidarité de la Région.

Aujourd’hui, la situation s'est-elle calmée ?

Sommes à ce jour dans un mode "installé" et avons suspendu les astreintes d'exploitation. Nous surveillons de près la façon dont les choses évoluent et maintenons des contacts réguliers avec nos transporteurs.

Nous sommes aussi mobilisés sur la préparation de la prochaine rentrée scolaire du mois de septembre. Cela dit, nous attendons les annonces du Ministère pour savoir si nous pouvons tenir les plannings habituels. D'ordinaire les inscriptions des élèves commencent début juin mais nous craignons que le contexte actuel ne fasse passer l’inscription au transports scolaire au second plan des priorités des familles. Nous suivrons avec précision les volumes d’inscriptions sur les premières semaines pour adapter au mieux notre communication.

En cas de reprise ?

Pas d'inquiétude forte dès lors que la reprise se ferait globalement car nos transporteurs sont prêts à relancer. Il risque cependant d'y avoir quelques soucis d’effectifs les premier jours mais les transporteurs devront s'ajuster.

En revanche, si la reprise est décomposée entre écoles, collèges et lycées, il faudra prévoir des adaptations de circuits toujours très chronophages.

Quelle leçon tirez vous de cette crise ?

Cette situation est inédite. La réactivité des agents prouve que nous sommes une organisation agile. Chez nous, notre « activité intempéries » nous rend adaptés car c'est toujours synonyme de décisions rapides et difficiles. Cependant l’organisation matricielle de la Région peut parfois créer un peu d’inertie.

Comment supportez-vous le confinement ?

Je fais du sport et vis dans des conditions relativement confortables. Evoluant dans le transport depuis plus de 25 ans, je crois aussi que j'aime bien l'adaptation et l'agilité liées à cette mission. Nous faisons tous du mieux que nous pouvons.

Propos recueillis le : 8 avril 2020

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