ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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AL-Velatta.png Il faudra capitaliser sur les aspects positifs de cette expérience humaine…

Il faudra capitaliser sur les aspects positifs de cette expérience humaine…

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Aude Laure Velatta, DGARH

La DGARH était-elle préparée à cette crise ?

Nous avons réagi avant le début officiel du confinement en revoyant, le plan de continuité des activités (PCA). Il y a eu aussi en amont un gros chantier sur le système d'information RH avec un beau travail de collaboration entre nos équipes et celles de la DSI. Cela nous a permis la mise en place d'un nouvel outil de sms groupé. Il nous permet de contacter l’ensemble des agents lorsque c’est nécessaire.

Nous avions également lancé une expérimentation du télétravail. Celle-ci ayant été concluante, le déploiement avait commencé sur un premier périmètre d’agents du siège.

Pour autant, le télétravail en confinement est complètement différent. Travailler à distance de façon forcée, sans voir ses collègues, avec souvent chez soi d'autres personnes confinées...A cela, nous n'étions pas préparés.

Quelle fut la première réaction après l'annonce du confinement ?

Nous avons tout simplement dû renvoyer les agents chez eux ! Exceptées les personnes atteintes de maladies chroniques invitées à rester chez elle depuis la semaine précédente.

Toutes celles et ceux ne pouvant pas télétravailler ont été placées en Autorisation spéciale d'absence (ASA). Globalement le mot d'ordre fut « télétravail ».

Chez nous, la séparation des équipes fut difficile. Nous nous quittions sans savoir jusque quand, avec l'impression de devoir se sauver dans l'urgence. J'ai la chance d'avoir une équipe soudée et conviviale et franchement nous étions tristes mais nous n'avions pas le temps de nous épancher car il fallait faire vite, récupérer ou lancer ce qui pouvait l'être. Les jours d'après, ce fut un débordement total de courriels.

Comment les choses ont-elles évoluées ensuite ?

La deuxième semaine, nous avons fait en sorte d'avoir tout le monde au téléphone et mis en place des réseaux sociaux pour maintenir notre efficacité et surtout continuer de partager notre joie de vivre.

Peu à peu, nous nous sommes organisés pour prendre nos marques.

L'idée étant que chacun se reconstruise une autre routine en se préservant toutefois du surmenage ou de l'épuisement : connexions trop tardives, culpabilité de ne pouvoir en faire plus, etc. En somme veiller au surinvestissement, même si la plupart des agents le font de bon coeur.

Justement comment éviter la surchauffe dans ces moments tendus ?

Très tôt, avec la DGS, nous avons sensibilisé les membres du Codir à cette nécessaire bienveillance ; cette vigilance à ne pas ajouter de pression, dans des contextes parfois difficiles, avec des sensibilités exacerbées.

Car travailler à distance induit des bouleversements. Cette période de changement de culture dépend du manager. Il faut faire confiance aux agents qui démontrent chaque jour un bel esprit d'ajustement.

Quel est votre premier bilan ?

Côté communication interne, nous avons tenu informés les agents presque en temps réel : intranet, courriers du Président, le Récap Hors série "#on garde le contact" sur Oasis, les fiches pratiques (comment travailler à domicile, quels statut et droits des agents, etc). Sans oublier des infos plus légères avec la mise en ligne de conseils en sophrologie, des suggestions de mouvements de gymnastique ou des visites de musées virtuels pour décompresser.

Le service paie s'est mis en branle de façon exponentielle pour produire une qualité de service à la hauteur de nos exigences et boucler, dans les temps et malgré les circonstances, les paies de chacun et des systèmes de déclarations sociales bouleversés.

Pour l'accompagnement des équipes, deux coaches, un psychologue du travail, une conseillère de préventions des risques psychosociaux et une conseillère en organisation continuent d'appeler les personnes qui en ont besoin, en préventif ou sur demande.

Sur le plan de la formation, comme le programme de transformation managériale a été suspendu, nous avons demandé à notre partenaire d'élaborer rapidement des modules de management à distance qui ont déjà débuté.

Pour les lycées, nous avons reçu près de 300 réponses positives à notre appel à volontariat. 300 agents prêts à revenir dans les établissements pour répondre à d'éventuelles demandes de l'Etat de réquisitionner certains établissements pour héberger le personnel soignant notamment.

De façon globale, nous notons une bonne collaboration avec les services de l'Etat et les collectivités locales. C'est franchement une belle réussite de la fonction publique de proximité !

Quid de l'après ?

Il nous questionne un peu car nous voyons bien que le retour à la norme ne se fera pas du jour au lendemain. Nous avons ici plein de héros de l'ombre, qu'il faudra à un moment fêter, en tout cas reconnaitre. Nous veillerons aussi à l'accompagnement de chacun dans cet "après" incertain.

En tout cas, nous sommes attachés au principe de résilience et nous verrons bientôt ce que nous aurons appris de tout cela pour commencer à changer demain.

Comment tenez-vous dans cette tempête ?

Je carbure à l'énergie de mes équipes et elles n'en manquent pas !

Propos recueillis le : 8 avril 2020

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