ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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Eric-Martin.png Eric Martin, DGA Mobilité et territoires durables.

Chiffres clés sur les transports interurbains

Les transports scolaires sont passés de 100.000 voyageurs/jours à zéro.

Les transports interurbains sont passés de 10.000 voyageurs/jour à 1500 pour atteindre 300 aujourd'hui.

Cela représente une flotte de 1500 cars à l'arrêt ou en service très réduit.

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Eric Martin

DGA Mobilité et territoires durables
150 agents, dont 90% en télétravail

Où travaillez-vous actuellement ?

Depuis fin mars, de chez moi. Au début, avec quelques agents, nous avons organisé au siège le mode opératoire pour les flux des courriers : factures à liquider, subventions à verser notamment aux associations, etc. Beaucoup d’entreprises n'ayant pas de fonds de roulement suffisants, il faut être réactifs pour ne pas ajouter à leurs difficultés.

Sans oublier certains projets à boucler en urgence comme le GIP santé avec le recrutement de 150 médecins qui lui est lié : valider des éléments du modèle économique, stabiliser définitivement les aspects juridiques, etc.

A partir du 23 mars, les courriers ont diminué et actuellement le Secrétariat général réceptionne et scanne ce qui arrive pour dispatcher. C'est un gros travail car il s'agit souvent de dossiers de 15/20 pages. En somme, nous avons mis en place les mesures pour assurer la continuité du service public et nous adapter très vite.

Comment votre Direction a-t-elle réagi face à la crise ?

Après l'annonce de la fermeture des établissements scolaires le 12 mars, tous les bus scolaires ont été supprimés du jour au lendemain. Dès le samedi matin nous prévenions les familles (mail et sms) et nos exploitants. Côté financier, nous nous sommes organisés pour suspendre le prélèvement mensuel des personnes en abonnement annuel.

Sur les transports interurbains, cela a été plus progressif (cf. chiffres clé). Un gros travail a été engagé pour redéfinir un plan de transport adapté aux circonstances et développer le transport à la demande.

Côté ferroviaire, les décisions ont été pilotées par la SNCF et nous sommes passés de 100% à 15/20% des lignes actuellement.

Le site remi-centrevaldeloire.fr, le réseau de mobilité interurbaine a rapidement communiqué toutes les informations importantes.

Voir les chiffres clés ur les transports interurbains

Quelles conséquences pour les compagnies de car régionales ?

Depuis le transfert de compétences, la volonté politique de la Région est de travailler non pas uniquement avec des groupes nationaux (Transdev, Keolis...) mais aussi avec des transporteurs locaux de taille plus modeste ; de fait plus fragiles économiquement. Face notamment à l’arrêt du transport scolaire, la Région s’est engagée à ce qu’aucune entreprise de transports ne mette la clé sous la porte. En conséquence, les frais fixes (salaires) peuvent continuer à être payés par la Région.

A la sortie de la crise, nous déduirons de nos participations, les subventions que les entreprises auront touché de l'Etat pour la mise en place des dispositifs de chômage partiel. Cette régularisation se fera dans le cadre d'un dialogue de gestion. L'idée est de ne pas ajouter un désastre économique à une situation compliquée.

Quid de la Direction Europe & international ?

Comme l'Europe a annoncé des mesures exceptionnelles avec possibilité de financement, notamment sur le matériel médical de protection et le soutien aux entreprises, des échanges s'établissent avec la commission Europe de Régions de France et l'ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) pour préciser les modalités.

La Commission européenne a également évoqué des simplifications de procédures mais cela reste à transcrire.
Quant au travail sur le futur programme opérationnel, il se poursuit avec de nombreuses marges d’incertitude sur budget européen qui y sera consacré.

Sans oublier nos accords de coopération avec les pays émergents. Nous pourrions prochainement être sollicités car le continent africain qui risque aussi d'être touché par une catastrophe sanitaire.

Cette réflexion autour de l'après concerne-t-elle également la Direction de l'environnement et de la transition énergétique ?

Absolument. Nous étions certes déjà dans une politique de transition environnementale avec la COP régionale notamment. Mais cette crise booste les prises de conscience sociétales et nous renvoie à une question centrale : quel mode de développement souhaitons-nous ? L'effet papillon connu au niveau économique et bancaire concerne désormais des dimensions sanitaires et humaines.

Quels impacts à la Direction de l'aménagement du territoire ?

Comme 80% de nos bénéficiaires sont des collectivités, les chantiers et projets sont en stand by. A cause du Covid et du report des élections municipales, beaucoup de chantiers, dont certaines opérations comme l'équipement en très haut débit que la Région subventionne, sont suspendus. Nous chiffrons actuellement les effets financiers de ce décalage pour évaluer une potentielle redistribution budgétaire vers les directions qui vont être fortement sollicitées notamment la DG Economie.

Quelle leçon tirez-vous de cette crise ?

Face à une difficulté, on peut tirer une opportunité. Après plusieurs semaines à travailler dans un mode différent, dit "dégradé" car pas initialement pensé, nous nous sommes rapidement adaptés en maintenant la continuité des flux. Il conviendra de capitaliser sur cet acquis et nous verrons peut être l'organisation du travail évoluer.

La première semaine du confinement a été compliquée et bouleversante pour tout le monde. Il a fallu organiser le rythme pour disposer de repères structurants individuellement et collectivement, comme continuer de remplir ses rv audio ou visio sur Outlook pour conserver des repères. L'idée est de maintenir notre capacité opérationnelle car après la phase de confinement, cela risque de repartir très fort.

J'ai sensibilisé les chefs de service sur le fait qu'ils sont l'échelon hiérarchique d'hyper proximité et qu'ils doivent maintenir un relais quotidien avec leurs équipes. Quant à moi, j'appelle chaque jour quelques personnes de ma direction, pour maintenir le lien et prendre simplement des nouvelles.

Comment gérez-vous cette période compliquée ?

Je lis beaucoup. Quand j'ai appris le confinement j'ai eu un coup de chaud me disant que je n'aurai jamais assez de livres d'avance. J'ai commandé via une plateforme, ce que je ne fais jamais.

Propos recueillis le : 2 avril 2020

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