Déclic - 8 : Décembre 2018

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Marie Taurand, cheffe cuisinière au lycée Charles-le-Chauve de Roissy-en-Brie (77)

Marie Taurand est cheffe de cuisine au lycée Charmes-le-Chauve à Roissy-en-Brie depuis 3 ans. Passionnée par la cuisine depuis son plus jeune âge, elle est également depuis très longtemps convaincue par l’utilisation de produits locaux et bios. Rencontre avec une femme de conviction.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours professionnel ?

J’ai commencé ma carrière en tant qu’apprentie, dès l’âge de 16 ans, dans un restaurant familial. Je travaille dans le domaine de la cuisine, depuis 43 ans ! J’ai vu toutes les facettes du métier de cuisinière : restauration collective, familiale, commerciale. Après 23 années passées dans un groupe de restauration collective, j’ai souhaité changer d’entreprise car je n’étais plus en accord sur la manière de cuisinier. Les orientations ne me permettaient plus de créer et de proposer des produits de qualité, ce qui est essentiel pour moi. A un moment de ma carrière, j’ai essayé de trouver une ouverture, un endroit où je pourrais m’exprimer et où je pourrais mieux concilier ma vie professionnelle et personnelle. J’ai eu la chance d’arriver au lycée de Rozay‑en‑Brie. Ils étaient à la recherche d’un agent d’entretien. J’ai donc saisi cette opportunité. Quand je suis arrivée, la nourriture à la cantine n’était pas au niveau. J’ai donc peu à peu, apporté mon petit grain de sel. Et la direction m’a proposé d’intégrer la cuisine du lycée. La Région Ile-de-France, ayant repéré mon potentiel, ils m’ont proposé un poste ensuite à Provins. J’ai eu la chance de tomber sur un gestionnaire et un chef d’équipe extrêmement compétents, ce qui m’a permis de développer ma créativité et d’utiliser des produits frais ! Je suis très reconnaissante à la Région Ile‑de‑France de m’avoir laissé ma chance !

Vous êtes passionnée ?

Ma passion, c’est la nourriture et d’être sur le terrain. J’adore créer et communiquer ma passion aux gens autour de moi que ce soit dans le domaine professionnel ou personnel. Pour moi, quand le talent est associé à la passion, on arrive à faire des choses extraordinaires et c’est ce que j’essaie de faire au quotidien, modestement. Dans mon équipe, j’ai 2 cuisiniers qui sont également des grands passionnés par leur métier. Ils ont une forme de « folie » culinaire qui nous permet d’imaginer des plats variés et créatifs pour nos lycéens. Des personnes qui viennent de l’extérieur comparent d’ailleurs notre restaurant à un restaurant gastronomique !

Vous faites partie des « toqués du local ». Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Il faut un grain de folie pour rentrer chez les « toqués du local ». Il faut avoir de la conviction sur le « bien manger ». Nous proposons systématiquement des produits frais, des produits locaux, des produits bios. Cela demande un investissement personnel, physique. Nous avons plusieurs réunions où nous choisissons des thèmes que nous mettrons en place. Nous partageons nos idées, nos façons de travailler sur un site internet, les promotions chez certains fournisseurs. Les maitres mots sont engagement et conviction. La nourriture, ce n’est pas un cordon bleu !

Auriez-vous des conseils à donner aux lecteurs de Déclic pour mieux manger ?

Il faut apprendre à prendre son temps et à faire une cuisine simple. Tout le monde peut le faire. Nous avons aujourd’hui des outils qui nous permettent d’aller plus vite. Il faut se simplifier l’existence ! Y compris à Paris, on peut trouver des petits producteurs ! En 30 minutes, on peut faire une cuisine, élaborée avec du goût. J’ai 3 enfants, j’ai toujours cuisiné pour eux, des choses extrêmement simples tous les soirs. Il faut éviter les plats préparés qui sont remplis de conservateurs, de colorants et qui sont beaucoup trop riches en sel. Les choses les plus simples sont les meilleures !

Vous êtes proches des élèves ?

Oui, ils apprécient énormément les plats qu’on leur propose. Le seul reproche qu’ils me font parfois, c’est de ne pas proposer assez de frites, je n’en fais qu’une fois par mois.

Avez-vous un dernier mot pour les lecteurs de Déclic ?

Il ne faut jamais perdre espoir ! C’est merveilleux de travailler à la Région Île‑de‑France. On peut y exprimer sa créativité. On peut proposer des produits de qualité tout en respectant les budgets qui nous sont alloués. On doit revoir ses pratiques, changer nos méthodes, changer de métier. En cuisinant vraiment, en faisant ce métier exceptionnel, on revit !

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