ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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marc-g.png Marc Gricourt, 1er Vice-président de la Région Centre Val-de-Loire, chargé des finances et du personnel.

Les fonctionnaires sont souvent critiqués et remis en cause, mais là on s'aperçoit qu'ils sont capables de très bien faire tourner la machine administrative et d'assurer la continuité de la plupart des métiers
de la Région.

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Marc Gricourt

1er Vice-président de la Région Centre Val-de-Loire, chargé des finances et du personnel.

Où travaillez-vous actuellement ?

Majoritairement depuis mon domicile où j'ai installé ordinateur, imprimante et tout le matériel indispensable pour éviter au maximum les sorties et contacts.

Je me rends quand même à la Mairie trois fois par semaine pour saluer ceux qui sont encore à leur poste, notamment la cellule de crise et les agents de la vie civile.

Je ne me déplace plus en revanche au siège de la Région avec qui j'échange 100% à distance.


Comment vous-êtes-vous réorganisé sur cette délégation régionale ?

Tous les jeudis matins, nous préparons à 9h, avec le groupe PS et apparentés, le bureau exécutif qui se tient toujours à 10h, dorénavant à distance, avec toutes les composantes politiques.

Je suis aussi évidemment en contact avec le Président, en moyenne trois fois par semaine, selon les besoins. Je fais par ailleurs des points réguliers avec la DRH et le Cabinet.

Actuellement, je suis spécifiquement les échanges avec l'Europe. Le 7 avril, j'ai par exemple suivi une visioconférence avec tous les Vice-présidents des Régions en charge des questions européennes.

De fait, beaucoup d'incertitudes pèsent sur les modalités du prochain Programme opérationnel FEDER-FSE, celui en cours arrivant à échéance en 2020. Le contrat 2021-2027 sera-t-il maintenu, selon quel calendrier et avec quels montants ?

La question de l'accompagnement de l'Europe sur les questions sanitaires se pose également même si ce n'est pas directement dans ses compétences. Face à l'ampleur de la crise, participera-t-elle à l'équipement des hôpitaux ou à la construction de nouveaux établissements de santé ?

Ces questionnements s'inscrivent définitivement dans un contexte bousculé par la crise. Une crise qui a généré chez les citoyens et les politiques de nouvelles prises de conscience. Beaucoup de dirigeants ont compris qu'il fallait dès demain envisager différemment les choses et cela devrait immanquablement impacter les stratégies de chacun.

Cette crise nous fournit l'occasion de prouver la capacité d'adaptation des fonctionnaires en général et de ceux de la Région Centre Val-de-Loire en particulier. Ils sont souvent critiqués et remis en cause, mais là on s'aperçoit qu'ils sont capables de bien faire tourner la machine administrative, et d'assurer la continuité de la plupart des métiers de la Région. Aujourd'hui, la grande majorité des agents travaille depuis son domicile. Cela démontre leur engagement, leur conscience professionnelle et leur capacité d'adaptation à une situation d'urgence.

Vous qui avez en charge la délégation de la Finance, en quoi le budget de la Région risque-t-il d'être bousculé par la crise ?

Nous sommes en train de l'évaluer. Il est certain que toutes les collectivités et les entreprises seront affectées. Nous savons aussi que l'impact sera important pour les Régions et les EPCI (Communautés d'agglomération et Communautés de communes) car une grande partie des recettes est issue de la TVA liée à la consommation, de la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) et des cartes grises. Recettes qui vont forcément diminuer avec la baisse de la consommation des ménages. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) qui représente 25% des recettes régionales devrait connaître aussi une chute brutale dès l’année prochaine. Parallèlement, certaines dépenses vont augmenter, notamment avec les aides attendues de la part des Régions pour accompagner et amortir la crise.

Tout cela affectera les budgets 2021 et 2022, mais nous en trouverons déjà des traductions concrètes dès le budget modificatif 2020 qui sera soumis au vote avant l’été. Cela remettra aussi en question les contrats de Cahors qui nous obligeaient depuis 2019 à une limitation stricte de nos dépenses de fonctionnement. On voit déjà que pour beaucoup de collectivités ce sera difficile à tenir tout comme les Etats ne tiendront pas la règle des 3%.

C'est d'autant plus dommageable qu'une hausse des recettes était prévue car le contexte économique redevenait enfin plus favorable.

Tout cela reste compliqué à évaluer : l’impact de la crise économique va dépendre directement de la durée de la crise sanitaire et du confinement, mais nous pouvons d’ores et déjà dire que les conséquences seront importantes et durables. En bref, nous savons que nos recettes vont diminuer fortement, la seule inconnue c’est de savoir dans quelles proportions et pour combien de temps.

Comment gérez-vous le stress généré par cette situation ?

Je ne suis pas du genre à stresser, c'est ma façon d'être. De plus, quand on est élu, on est par nature soumis à beaucoup d'aléas extérieurs. Cela nous demande de nous interroger et de réagir sans cesse aux imprévus. Pour moi, le fait de maintenir une activité est aussi important ; continuer d'assumer mes responsabilités d'élu est une sorte de carburant. Cela dit, je dispose d'un peu plus de temps car les élus ont une grande part de leur agenda consacré à la représentation très limitée ces temps-ci.

Propos recueillis le : 6 avril 2020

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