ZeMag - Région Centre-Val de Loire - 2 : Mai 2020

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Le.s jour.s d'après

Et demain ?

Des questions sur l’après, tout le monde s’en pose, et à tous les niveaux. Si le quotidien de chacun est bouleversé par cette crise, des changements s’annoncent aussi collectivement. Pour la Région et pour nous tous, quel sera le nouveau "normal" ?

Dans l'entretien qu'il nous a accordé, le Président de Région François Bonneau a donné le cap : « Nous allons nous mobiliser sur du projet commun. Il n'y a pas de terreur ni d'approche craintive à avoir. Les grandes guerres traversées par notre pays et ceux qui nous ont précédés ont été lourdes en monstruosités, en drames humains et économiques d'une ampleur inconcevable pour l'imagination humaine. Depuis ces guerres, nous avions fondé la vie collective sur du développement permanent. Nous avons pensé que le progrès pouvait se développer comme les arbres, jusqu'au ciel. Il est temps de bâtir autre chose. Cela exige de se repositionner et d'échanger entre services notamment pour inventer de nouveaux modèles. Avec cohésion et cohérence. »

De nouveaux modèles qu'il s'agit d'inventer ensemble. Ainsi, Jean-Louis Garcia, directeur général Formation Recherche Economie et Emploi, remarque que « Les équipes manifestent une envie forte de travailler sur le monde d'après. Même si nous avions déjà engagé des choses en ce sens, il nous faudra aller plus vite et plus loin, notamment sur des questions de développement durable et de relocalisation. »

Se retrouver ensemble

Alors que travailler est devenu plus compliqué depuis le 16 mars, et même si chacun s’est adapté comme il a pu, il sera bientôt temps de tirer les enseignements de cette crise sur l’organisation du travail. Comme le propose la Directrice générale accompagnement ressources humaines Aude-Laure Velatta, il conviendra d’abord d’identifier pour chacun d’entre vous « ce qui a plu et ce qui a déplu », pour construire le monde du travail de demain.

Le télétravail, que certains ont apprécié notamment à cause de la réduction du temps passé en transport, sera désormais choisi et non subi ; avec des modalités bien différentes d’aujourd’hui.

Mais il est certain que sur le plan numérique, la crise a accéléré les usages et la mise en place des outils. Frédéric Daudin, directeur des systèmes informations, espère que certains outils seront davantage utilisés lorsque tout le monde sera de retour au bureau « Il nous faut maintenant capitaliser sur l’adoption des nouveaux modes de communication (tchat, audio et vidéo conférence). Et en profiter pour développer davantage la dématérialisation de nos processus, comme nous avons eu l’opportunité de le faire pour la CAO ou la CPR. »

Davantage de dématérialisation, c’est ce que propose aussi le Président de Région, qui pense que « La crise démontre que l'on peut réduire encore les déplacements lors de certaines de nos réunions entre agents, notamment avec des acteurs éloignés géographiquement ; pour des raisons évidentes d'écologie et de gain de temps ».

Humainement, on peut parier que les liens entre les agents de la Région n’en auront pas souffert puisque vous êtes nombreux à faire le constat d’une cohésion d’équipe renforcée. Comme le note Laurent Gougis, directeur de l'Education et de la Jeunesse, « Je vois combien les collègues prennent soin les uns les autres avec bienveillance et empathie. Il faudra rester comme aujourd'hui : vigilants les uns par rapport aux autres. » Laurence Caille, directrice de l'ERC, souligne même que la situation « a des bénéfices sur les relations avec nos partenaires, nous nous serrons tous les coudes. »

Quant au Président de Région, il se réjouit également de « cette vitalité démocratique et solidaire, l'appropriation rapide par les concitoyens de nombreux sujets. Ces personnes que nous avions oubliés, "les transparents de la République" que nous ne prenions plus l'habitude de voir, pour certains d'entre nous en tout cas. Aujourd'hui, nous discutons avec le boulanger, prenons des nouvelles du voisin âgé… Cela retisse du lien social. Le sens de l'humain s'est puissamment ancré dans nos vies essentiellement jusqu'ici focalisées sur l'économie.»

Grandes idées pour circuits courts

La plateforme produits-frais-locaux-centre-valdeloire.fr créée pendant cette crise pour nos agriculteurs et artisans autant que pour les consommateurs, a vocation à durer dans le temps.

C’est une volonté forte du président de Région François Bonneau « Nous voulions depuis longtemps encourager la consommation de produits locaux et plusieurs actions étaient engagées en ce sens. Il est tellement plus juste et fondé de ne plus acheter à contretemps des saisons locales, des produits du bout du monde ! Nous voulons donc que cette plateforme vive et se poursuive ; que cela fertilise notre relation avec les producteurs. »

Florence Lejars, cheffe de projet stratégie régionale de l'alimentation, confirme cette ambition : « Nous accompagnons la prise de conscience des consommateurs sur l'étendue de l'offre régionale ; sur la chance de pouvoir s'approvisionner tout près en produits de qualité. L'idée est de faire prendre conscience de toute l’offre de nos 6 départements. »

Le président de Région François Bonneau rappelle d’ailleurs qu’à partir de janvier 2022, « La restauration collective dont celle des lycées devra intégrer 50% de produits bio ou locaux dans son alimentation. Nous avons commencé le travail mais il nous faudra aller plus vite et plus loin. »

Autre sujet qui se pose avec plus d'acuité que jamais : la relocalisation des produits manufacturés et celle de la recherche. La crise que nous vivons met en lumière les dépendances entretenues avec certains marchés étrangers.

François Bonneau l’avoue : « Très honnêtement, j'ignorais que nous étions si dépendants de la Chine pour les protections médicales. Comment peut on avoir si peu de réserve de ces produits indispensables ? Quant aux médicaments, nous avons en région un bassin pharmaceutique riche et ancré. Alors comment expliquer que nous importions de l'autre bout du monde la plupart des principes actifs nécessaires pour nous guérir et nous soigner !? Concrètement nous allons mobiliser notre programme « Ambition Recherche Développement ». L'enjeu : initier et soutenir des projets collaboratifs, notamment sur le bio médicament, la biocomestique, pour un ou deux projets autour de laboratoires de Tours. »

« Dans tous ces domaines, conclut-il, il y aura des enseignements. Réflexions et travaux sont déjà en cours pour mieux ajuster offres et besoins localement. »

Amortir la crise économique

L’impact de la crise sanitaire est encore difficile à évaluer, puisqu’il dépendra principalement de sa durée. Mais le 1er Vice-président de la Région Centre Val-de-Loire, Marc Gricourt, confirme ce qui est pressenti : « Les conséquences seront importantes et durables, puisque toutes les collectivités et les entreprises seront touchées. Les budgets 2012 et 2022 seront affectés, mais nous en trouverons déjà des traductions concrètes dès le budget modificatif 2020 qui sera soumis au vote avant l’été. »

Il s’explique : « Les recettes des Régions et des EPCI (Communautés d'agglomération et Communautés de communes) vont diminuer, puisqu’une grande partie d’entre elles est liée à la consommation des ménages : la TVA liée à la consommation, la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) et les cartes grises. De plus, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) qui représente 25% des recettes régionales devrait connaître aussi une chute brutale dès l’année prochaine, en raison d’un décalage sur le calcul de la base. L’impact de cette chute, pour la Région Centre–Val de Loire, serait de plusieurs dizaines de millions d’euros dès 2021 et pour plusieurs années. »

Directeur général Formation Recherche Economie et Emploi, Jean-Louis Garcia craint également pour le tissu économique régional : « 20% des entreprises sondées via Dev’up nous ont fait part dès le mois de mars de réelles difficultés pour se maintenir. » Le tourisme notamment (et avec lui la restauration et l'hôtellerie), souffre de cette crise sanitaire. La Région prépare un plan de relance pour l’y aider. Il s’agira de délivrer un message auprès des Français en général, et des Franciliens en particulier, pour les inviter à passer du temps en région Centre-Val de Loire. Nous savons que la concurrence sera rude avec les autres régions de France dès que les déplacements seront à nouveau possibles mais nous disposons de formidables atouts.

Plus de solidarités et d'environnement
Comment cicatriserons-nous ? Comment rebondira-t-on ? Que faudra-t-il corriger, amplifier, réorienter ou suspendre ? La compétitivité dépendra de la capacité du territoire à se moderniser très vite. Pour autant, ce travail de fond exige du recul, du temps et de la disponibilité. Cela ne se fera pas d'un coup de baguette magique.

Nous avons assez tôt commencé à réfléchir à l'après.

En coconstruction avec l'éxécutif et les Directions, nous élaborons actuellement des fiches actions par champs de compétences : Transition énergétique, Culture, Education, Formation, Transports & mobilités, Sport, Enseignement supérieur & Recherche, Aménagement du terriroire, Formations sanitaires & sociales, Coopération Internationale, Démocratie participative et égalité. Sur tous ces domaines, se construit un projet plus ambitieux en matière de solidarités et d'environnement, explique Alexandre Tinseau, Directeur de cabinet de la Région.

« Cette réflexion sur le moyen et long terme nous mobilisera au moins jusque la fin de l'année. Mais nous n'oublierons pas ce que la crise nous a démontré : un consensus pour insuffler plus de sens à cet Après. Nous allons maintenant nous rassembler sur nos priorités et continuer de faire vivre, avec les agents, ce qui a fait notre force dans cette période : la réactivité et la transversalité » , conclut Florence Peleau-Labigne, DGS.

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